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Social : Dialogue social: Les conditions du patronat
Posté par Comptafisc le 15/4/2008 18:38:41 (672 lectures) Articles du même auteur

· La CGEM pour une augmentation de 2,5% du Smig

· En contrepartie, sont réclamées des baisses de l’IS, de l’IR et de la TVA


LE deuxième round du dialogue social a été bouclé, hier lundi. Le Premier ministre, Abbas El Fassi, a, en effet, reçu les représentants de la Confédération générale des entreprises marocaines (CGEM). Ultime étape, après celles des centrales syndicales, la réunion avec le patronat doit en principe être le prélude à «une fin heureuse» des négociations entre les partenaires sociaux.

Au menu de la réunion, les réponses du gouvernement au package de revendications de la CGEM. Code du travail, régime des retraites, conventions collectives, indemnité de perte d’emploi, droit de grève… sont ainsi inscrits à l’ordre du jour. En plus d’un certain nombre de grandes réformes que le patronat n’a pas réussi à faire passer du temps du gouvernement Jettou. Il est vrai que ce dernier ne disposait pas de suffisamment de temps et était en fin de législature.

· Position tranchée

Cependant, c’est la revendication par les syndicats d’une augmentation du Smig qui a focalisé l’attention. Certes, cette question a été «omise» par la CGEM dans son Livre blanc, mais cela n’empêche pas le patronat d’avoir une position tranchée sur la question. «On ne peut pas ne pas être sensible à la question du pouvoir d’achat, aux problèmes de la cherté des matières premières», a affirmé à L’Economiste, Abdelmajid Tazlaoui, président de la Commission emploi au sein de la Confédération. Pour le patronat, discuter du Smig doit se faire dans un cadre beaucoup plus global, dans lequel il y aura d’autres problématiques dont la fiscalité.

Concrètement, la CGEM serait, selon une source proche du dossier, prête à concéder une augmentation annuelle du Smig de 2,5% pour les quatre années à venir. Le gouvernement, lui, ne propose que 2%. En outre, le patronat affirme ne pas s’opposer à la demande de revalorisation des salaires comme cela a été demandé pratiquement par toutes les centrales syndicales prenant part au dialogue social. Mais «à condition que cette augmentation soit inscrite dans une démarche globale», souligne Tazlaoui, qui estime qu’il faut plutôt raisonner en termes de pouvoir d’achat qu’en simple augmentation, en se fixant une certaine valeur de pourcentage.

En d’autres termes, «le gouvernement et ses partenaires doivent trouver le moyen de donner plus de pouvoir d’achat à travers plusieurs leviers, indique-t-on. Voilà qui éviterait le risque de blocage de l’entreprise par des grèves revendicatives et mal gérées.

Le président de la Commission emploi à la CGEM dit militer pour qu’il y ait une visibilité sur le moyen et long terme. «On doit sortir de cette logique de discussion annuelle conscients que nous sommes du fait qu’il faut améliorer le pouvoir d’achat», ajoute-t-il. Mais, «les solutions sur le revenu doivent être trouvées dans un projet global et équilibré», soutient Tazlaoui. Et cela suppose «une politique fiscale claire et des engagements de la part du gouvernement». Cela veut dire, en plus clair, que le patronat s’attend à un retour d’ascenseur de la part du cabinet El Fassi.

La CGEM ne demande pas moins qu’une baisse des taux de l’IR, de l’IS et de la TVA. Le président de la Commission emploi met toutefois en garde contre une fuite en avant qui se traduirait par la perte de compétitivité des entreprises. Tazlaoui cite l’exemple de la Roumanie qui a rapproché le Smig du niveau européen. Politique qui s’est soldée par de nombreuses pertes d’emploi.

Quelles seront donc les réponses du gouvernement aux propositions du patronat sachant que ces dernières ont fait l’objet d’un certain nombre d’éclaircissements dans le Livre blanc présenté au Premier ministre en janvier dernier?

Les discussions entre les partenaires sociaux doivent reprendre dès la semaine prochaine. Le gouvernement étant, maintenant, au fait des positions tout autant des syndicats que de celle du patronat se doit de corriger sa copie. On le sait, les cinq syndicats les plus représentatifs participant au dialogue estiment, d’une part, que les propositions qui leur ont été faites sont «insignifiantes».

De l’autre, chez le patronat, l’on continue malgré tout à soutenir qu’une augmentation du Smig pourrait être particulièrement «handicapante» pour les secteurs du textile et de l’agroalimentaire où la compétitivité au niveau des prix repose d’abord sur le coût direct de la main-d’œuvre. Pour rappel, le Smig a connu deux révisions à la hausse entre 1997 et 2007. Sur la décennie, dans l’industrie, le commerce ou pour les professions libérales, le salaire minimum horaire est passé de 7,98 DH à près de 9,66 DH. Il marque une progression de 21%. A noter que la dernière revalorisation en date est intervenue en juillet 2004. Depuis, il est resté inchangé.

A l’approche du 1er mai, les prochains jours promettent d’être chauds pour le cabinet El Fassi si aucune avancée n’est réalisée. Les centrales syndicales laissent, en effet, planer le risque de mouvements de contestation et de grève dans tous les secteurs d’activité. Le gouvernement réussira-t-il à éviter à l’économie nationale une paralysie générale?

Smig et grève
LA Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a consacré, hier matin, son conseil d’administration à l’examen des points qui devaient être discutés avec le Premier ministre dans le cadre du dialogue social.

Le patronat rappelle à cet effet que le principal de ses propositions est contenu dans son Livre blanc présenté en janvier dernier au Premier ministre. Cependant, ce sont surtout le Smig et la loi sur le droit de grève que le patronat voudrait voir appliquée dans les meilleurs délais, qui ont été au centre des discussions.

Par: Jamal Eddine HERRADI
Sce: L'économiste 15.04.2008

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